Écouter la page

L'Histoire

Histoire du théâtre de la ville Royale

Compositeurs et dramaturges ont continuellement investis la ville royale pour créer avec génie : Lully, Molière, Dumas père, Dumas fils, Offenbach, Debussy ou encore Léo Delibes. De grands acteurs se sont également produits dans les successives salles de spectacle de la ville comme l’Illustre théâtre de Molière, Talma et ses compagnons de la Comédie-Française, Jacqueline Jabbour et bien d’autres.

Le Roi Soleil illumine Saint Germain-en-Laye

Louis XIV était un amoureux des arts : danseur émérite, protecteur des artistes et passionné de musique. Son goût pour les arts lui fut transmis par son père Louis XIII puis par son guide et ministre Mazarin. Le Roi entretient dès son plus âge un lien étroit avec Saint-Germain-en-Laye : en septembre 1638, il naît au Château Neuf, aujourd’hui disparu, puis se réfugie au Vieux Château lors de la fronde alors qu’il n’a que 12 ans.  En grandissant, le Roi y réside souvent et emmène avec lui ses artistes protégés. Lully y crée et présente des ballets de cour et des tragédies en musique tels Thésée, Atys, Isis, Psyché ou Proserpine.  Il compose également avec Molière Le ballet des Muses et les Amants Magnifiques. C’est également ici que la troupe de Jean-Baptiste Poquelin devient la troupe du Roi le 14 août 1665. Le Château accueille d’autres artistes comme la troupe de comédiens espagnols de Marie-Thérèse et autres marionnettistes pour les enfants. En 1682, Louis XIV s’installe définitivement à Versailles : le soleil s’éclipse de Saint Germain-en-Laye. 

Le théâtre reprend à l’aube de la Révolution

En 1785, quelques années avant la Révolution les acteurs du Théâtre Français (la Comédie-Française) donnent une représentation dans la salle des fêtes du Château qui redevient une salle de spectacle pour les troupes théâtrales et une piste pour les bals de société (1 carte). À la même époque, Sieur Dennebecq construit, rue de Pologne, une petite salle aujourd’hui disparue, destinée à accueillir les spectacles d’amateurs (2 carte).

Le Château évolue au fil des affres politiques. Il devient prison, hôpital, école de cavalerie en 1809, caserne puis pénitencier militaire. Sieur Bailly, tapissier, décide alors d’ouvrir une salle de spectacle rue de Pontoise (3 carte). Lorsqu’elle disparait en 1837, Sieur Guyot la remplace immédiatement par une nouvelle salle construite sur l’ancien jeu de Paume que vous connaissez aujourd’hui sous le nom de Manège Royal (4 carte).

Le saviez-vous ?

Des affiches de spectacles datant de 1789 ont été retrouvées sous le carrelage lors de la restauration du Château en 1863. Preuve de la vivacité culturelle du lieu.

L’arrivée d’Alexandre Dumas : un nouvel âge d’or du théâtre à Saint-Germain-en-Laye

Après l’abandon de ses études de notaire, il s’installe à Paris où il s’imprègne d’une culture littéraire qui l’amènera à devenir, lui-même, l’un des auteurs les plus en vogue de la capitale. Il séjourne quelques temps à la Villa Médicis dans le parc de Saint Germain, une ville idéale pour sa proximité de Paris mais champêtre. En 1844, il fait construire et s’installe au château de Monte-Cristo à Port-Marly baptisé en hommage à son chef d’œuvre. Deux ans plus tard, il réalise son rêve en restaurant et en prenant la direction du théâtre du Sieur Guyot, place royale. Il s’investit tout entier en donnant son temps, son énergie, sa fortune et son prestige pour faire prospérer ce théâtre. Saint Germain-en-Laye devient attractif pour des compositeurs tels Offenbach et Léo Delibes. Dumas-Fils y écrit sa sulfureuse pièce La Dame aux Camélias.

Le théâtre, repris par la ville dès 1864, est ensuite abandonné, transformé en fourneau municipal pour la grande guerre puis démoli en 1921.

Avant-guerre : le temps des troupes amateurs

Une nouvelle salle de 900 places, rue Armagis, accueille dès 1912 la troupe d’amateurs « le trait d’union » sous la direction de l’Abbé Pierre de Porcaro (5 carte). Celle-ci voit naître de grands comédiens à l’instar de Jacqueline Jabbour devenue professeur à l’école Nationale de musique, de danse et d’art dramatique de Saint Germain.

Avant-guerre, « l’Amicale des élèves et anciens élèves des écoles municipales de Saint-Germain » réunissant plus de 2000 adhérents, propose des divertissements. Après la Seconde Guerre mondiale, période de veille pour le théâtre, Robert Altaber reprend les activités de l’Amicale en 1960. Sa troupe théâtrale d’amateurs se démarque par sa spécialisation dans les créations. Au 13 rue des Coches, cette troupe donne sa chance à des dramaturges et écrivains à l’instar de Jacques Fayet, Jorge Semprún, François Boyer et Elie Wiesel. La salle des Coches très prisée et culturellement active disparaît en 1970. (6 carte)

La naissance du théâtre Alexandre Dumas

Après toutes ces constructions puis destructions de salles au fil des siècles, Saint Germain-en-Laye réclamait une scène digne de ce nom : le Théâtre Alexandre Dumas ouvre ses portes le 28 janvier 1989 sous l’égide du Maire de la ville Michel Péricard au cœur du Jardin des arts (7 carte).

Aujourd’hui, le théâtre continue d’offrir une programmation riche et pluridisciplinaire, avec du théâtre, de la danse, du cirque, de l’humour, de la musique… et d’accueillir de nombreux artistes et têtes d’affiche.